Miss Univers 2025 : L’illusion d’une compétition équitable

Plusieurs mois ont passé depuis Miss Univers 2025. Le temps a apaisé les émotions. Il a aussi éclairé certaines réalités. Pendant longtemps, j’ai choisi le silence. Par respect. Par élégance. Par maturité.
Mais l’expérience m’a appris qu’il existe des vérités qui méritent d’être dites, non pour accuser, mais pour faire avancer. Aujourd’hui, je partage ce que beaucoup ont observé sans toujours oser en parler.

L’équité proclamée… et l’équité vécue

Un concours international réunissant plus d’une centaine de candidates devrait garantir une égalité irréprochable. Pourtant, dans les coulisses, certaines réalités interrogent.

Plusieurs candidates africaines, caribéennes et afro-descendantes ont rencontré d’énormes difficultés à être correctement mises en valeur par les équipes beauté officielles. Produits inadaptés, techniques approximatives, manque de connaissance des carnations foncées et des textures de cheveux crépus ou bouclés : autant de lacunes qui rendaient parfois impossible une mise en valeur professionnelle de leur beauté.

Pour un concours de ce niveau, qui se veut inclusif et qui prône la diversité, il est difficilement compréhensible de constater que les équipes en charge du maquillage et de la coiffure ne soient pas véritablement mixtes ni suffisamment formées pour sublimer toutes les beautés. À ce stade déjà, certaines candidates ont ressenti une forme d’injustice. Dans une compétition où l’image est centrale, ne pas disposer des outils et des compétences adaptés n’est pas un détail : c’est un désavantage structurel.

Au fil des jours, la différence de traitement pouvait devenir perceptible à plusieurs niveaux. Pour certaines participantes, il fallait une grande force mentale pour supporter ces situations et poursuivre l’aventure jusqu’au bout.

Il ne s’agit pas ici de pointer des individus. Mais de questionner un système encore insuffisamment préparé à la diversité qu’il prétend pourtant célébrer.

 

Quand la logistique devient un facteur d’inégalité

Les déplacements s’organisaient par groupes. En apparence, un simple choix opérationnel. Mais certaines observations ont marqué les esprits : des candidates de certains pays privilégiés étaient regroupés au sein d’un même groupe et devançaient tout le monde dans tous les déplacements. Les mêmes groupes semblaient bénéficier régulièrement de priorités, départs plus rapides, accès plus tôt aux lieux stratégiques, visibilité accrue, tandis que d’autres arrivaient tard, avec moins de temps et davantage de fatigue. À plusieurs reprises mon groupe n’a pas pu participer à certains galas. Tout était programmé pour effacer notre visibilité, pour briser notre mental.

Dans une compétition mondiale, la gestion du temps influence la performance, la présence médiatique et l’énergie. La question demeure : une organisation peut-elle rester crédible si les conditions d’expérience diffèrent selon les participantes ?

La visibilité : un pouvoir silencieux

Aujourd’hui, la compétition ne se joue plus uniquement sur scène. Elle se joue aussi dans l’espace numérique. Publications inégales. Mises en avant sélectives. Contenus supprimés sans explication.

Ces décisions éditoriales, qu’elles soient intentionnelles ou non, façonnent la perception mondiale des candidates. Et lorsque la visibilité devient variable, l’équité l’est aussi. La neutralité ne devrait jamais être optionnelle.

Les règles et leur application

Le règlement officiel interdit l’intervention d’équipes privées pendant la compétition. Pourtant, des observations récurrentes ont alimenté des interrogations quant à l’application uniforme de ces règles. Certaines délégations semblaient bénéficier de ressources supplémentaires, créant une impression de déséquilibre. La force d’un règlement réside dans son application égale. Sans cela, la confiance s’effrite. Certaines candidates avaient la possibilité de recevoir des équipes privées de professionnels, chaque jour dans leur chambre, pour leur mise en beauté alors que cela était interdit. Tandis que nous autres, nous devions nous débrouiller toutes seules.

Également, pour les cérémonies officielles, le même constat. Les mêmes candidates étaient privilégiées par des équipes professionnelles privées, et nous autres, devions subir les prestations du personnel qui ne tenaient pas compte de la spécificité de notre peau. Au lieu de nous mettre en valeur, leur maquillage nous rendait plutôt grises

Une question plus large que le concours

Avec le recul, ces expériences révèlent une problématique plus profonde : l’écart entre les valeurs affichées : diversité, inclusion, équité ; et leur traduction concrète dans les détails organisationnels.

L’inclusion ne se proclame pas. Elle se pratique dans la logistique, dans la technique, dans la communication, dans chaque décision.

Pourquoi je parle aujourd’hui

Je ne partage pas ces éléments par amertume. Je les partage par responsabilité. Parce que les concours internationaux influencent les imaginaires, les standards et les opportunités pour des millions de jeunes femmes à travers le monde. Exiger plus de justice n’est pas critiquer une institution. C’est contribuer à son évolution.

Miss Univers 2025 m’a appris bien plus qu’une compétition. Elle m’a appris que la dignité consiste aussi à dire ce qui peut être amélioré. Que le courage peut être calme. Et que l’élégance n’exclut pas la vérité. Si la beauté a un sens, elle doit être accompagnée de justice. Sinon, elle perd sa lumière.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Pinterest
Olivia Yacé
Capture d’écran 2024-09-16 222416

Olivia Yacé, icône intemporelle du leadership, du tourisme, de la mode, du luxe, de l’élégance et de la beauté ! Née le 8 janvier 1998 à Abidjan, Olivia Yacé, est une jeune femme exceptionnelle qui incarne l’élégance, l’intelligence et l’engagement.